Dirigeants, souffrez-vous d’anxiété de performance?

La gestion d’une entreprise, on le sait, peut facilement devenir une source de stress importante. Les finances, la gestion, les innombrables tâches quotidiennes, tout cela suscite des préoccupations constantes.Mais à partir de quand fait-on face à un trouble d’anxiété de performance? Quels sont les facteurs qui expliquent la naissance de celui-ci? Et surtout, y a-t-il moyen de faire autrement?

Quand l’anxiété devient pathologique

Rappelons tout d’abord que l’anxiété est une émotion utile. Depuis la nuit des temps, elle aide l’humain à se protéger. D’ailleurs, tant qu’elle ne devient pas excessive, elle peut même favoriser la performance. Elle aiguise les réflexes, augmente la vigilance et aide à focaliser l’attention.

Toutefois, quand des pensées récurrentes envahissent l’esprit et créent un stress permanent, il importe de se questionner et de réagir. Une étude a été menée à ce sujet en 2018 auprès de 3000 entrepreneurs québécois. Celle-ci révèle que 71,5 % étaient en « détresse psychologique élevée ». Nombreux sont ceux qui consomment des anxiolytiques sur une base quotidienne. 

Ces chiffres peuvent étonner. Après tout, un dirigeant de start-up n’a peur de rien, aime le risque et fait preuve de résilience, non? On est loin de la victime d’anxiété de performance! 

L’être humain derrière l’image

Ce mythe du visionnaire audacieux est nourri par les Steve Jobs et les Elon Musk de ce monde. Ces jeunes entrepreneurs confiants multiplient les coups d’éclat et s’ingénient à déployer leurs nouveaux produits de façon spectaculaire. 

Or, cette image d’invulnérabilité peut tenir en société, mais qu’arrive-t-il quand le dirigeant se retrouve seul? 

Toujours en 2018, le journal Les Affaires discutait à ce sujet avec 19 entrepreneurs. Ceux-ci racontaient à quel point, dans la même semaine, voire la même journée, leur humeur peut changer radicalement. Ils reçoivent une bonne nouvelle? Les voilà prêts à tout accomplir. Ils connaissent un revers? C’est la descente à pic. Ce type de réaction se comprend, quand on sait à quel point ils s’investissent corps et âme dans leur projet. 

Tant qu’ils demeurent dans l’action, ça peut toujours aller. Mais aussitôt qu’ils se retrouvent seuls, plus rien n’empêche l’anxiété de revenir à l’assaut.

Le poids des responsabilités

Fonder une entreprise est en soi un projet vertigineux. Quand on y ajoute des employés, la responsabilité s’accroît : soudain, des gens comptent sur leur dirigeant pour manger. Il faut réussir, il faut générer des profits.

Cela dit, l’anxiété de performance ne s’explique pas que du point de vue financier. L’engagement des entrepreneurs est généralement très grand, leur passion est viscérale. La nouvelle génération est motivée par une envie de « changer le monde » avec ce qu’elle propose. Bien souvent, cette pulsion dépasse celle de gagner de l’argent.

On convient que changer le monde est un programme assez ambitieux. Et qui peut s’avérer anxiogène! Quand les résultats escomptés ne sont pas au rendez-vous, l’angoisse, elle, se pointe à l’heure! Et tout ce beau monde finit par croire que, dans l’univers de l’entrepreneuriat, l’anxiété de performance est inévitable. 

Et si on se trompait?

« Ralentir pour accélérer »

La formule est du Dr Greg Wells, qui s’intéresse de près à l’humain. À la santé de ce dernier et à son rapport à la performance. Aux limites du potentiel humain. Il remet en question la tendance générale qui veut que l’on soit en mode « sans cesse occupé ». Et il prône une approche selon laquelle en ralentissant le rythme, on finira par en accomplir beaucoup plus. 

« Pour être plus créatifs, nous devons nous détendre. Pour penser de manière plus stratégique, nous devons souffler un peu. Pour réfléchir et apprendre, il faut du calme. »

Greg Wells, Ph. D.

Cela peut sembler contre-intuitif, quand on se sent submergé par les obligations. Et pourtant. On connaît tous cette sensation d’être paralysé devant la somme de travail à accomplir. Or, quelqu’un de paralysé sera peu productif, non? Pourquoi ne pas essayer de prendre conscience de sa façon de travailler? S’arrêter et réfléchir, prendre un pas de recul, respirer.

Oui, respirer! Tout arrêter quelques minutes et respirer. La respiration consciente a de réels bienfaits sur la santé physique et mentale. C’est de plus en plus documenté! 

Réussir sans souffrir d’anxiété de performance?

Peut-être faut-il oublier cette image de l’entrepreneur surhumain qui réussit tout et termine sa journée frais et dispos? 

Peut-être l’important est-il de revenir au rêve qui a tout déclenché? L’anxiété de performance découlerait du discours intérieur que l’on se tient. Peut-être est-il temps de revoir ce discours? De se rappeler qu’on est avant tout humain, donc faillible, et que l’univers entier ne repose pas sur nos épaules…

Pour poursuivre votre réflexion sur la réalité des entrepreneurs, je vous invite à lire mon dernier ouvrage Directeur général, relève et coaching.

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